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4 octobre 2005
 

« Le vrai nom du démon, c’est « Absque misericordia, pas de miséricorde » (Osée, I, 6, 8). Le nom qui dit l’attitude foncière du démon, c’est celui-là. Il n’a pas voulu d’abord de cette miséricorde au sens large qui était la grâce première ; quelque chose qui ne lui était pas dû par sa nature, qui était un pur don de libéralité divine. — Non. Ce que je suis, ce qui m’est dû, et c’est tout ! Recevoir quelque chose par pure complaisance de Dieu, par une libéralité nouvelle, en dehors de la constitution même de ma nature et de la place hiérarchique qu’elle me donne, jamais ! — Et ensuite le démon, de par sa nature entière, est celui qui ne peut pas, qui ne veut pas demander pardon. Il essaie quelquefois de faire croire à des âmes, pour les apitoyer sur son sort, qu’il implore la miséricorde divine et que Dieu ne veut pas lui par donner. Non pas. De même que le démon a refusé la grâce première, il refuse l’humiliation du pardon. S’humilier, de mander pardons c’est la seule chose qu’il ne sache pas faire.

 

Il l’a avoué à des saints. Il disait, par exemple, à saint Macaire : Je te surpasse en toutes tes œuvres. Tu jeûnes parfois, moi je ne me restaure jamais d’aucun aliment ; tu veilles souvent, moi le sommeil ne m’a jamais vaincu ; mais, en une seule chose tu me domines : ton humilité. Tout ce que vous avez, nous l’avons aussi ; par ta seule humilité vous différez de nous et vous prévalez sur nous. »

 

 

                                                                       P. Lallement

 

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