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26 octobre 2005
 

 « Une femme revêtue de soleil, la lune sous ses pieds. Attachons-nous, mes frères, aux pas de Marie et prosternons-nous à ses pieds pour une instante supplication. Retenons-la, empêchons-la de s’éloigner avant de nous avoir bénis, car elle est puissante. Elle est la toison interposée entre le ciel et l’aire, la femme à mi-distance entre le soleil et la lune, Marie enfin, médiatrice entre le Christ et l’Église. Mais une toison imprégnée de rosée étonne moins vos esprits qu’une femme vêtue de soleil. C’est en effet une union très étroite, et ce rapprochement entre le soleil et une femme a bien de quoi nous surprendre. Comment une nature aussi frêle peut-elle subsister dans une pareille fournaise ? Moïse n’a pas tort de demander à voir les choses de plus près, mais avant de s’approcher, il convient qu’il quitte ses chaussures et se débarrasse de toute pensée charnelle. J’irai, dit-il, et je considérerai cette grande vision. C’est, en effet, une grande vision que celle d’un buisson qui brûle sans se consumer. Mais c’est un signe très grand aussi qu’une femme qui demeure intacte quand son corps est pris dans le feu du soleil. Il n’est pas dans la nature du buisson d’être incombustible au milieu des flammes ; mais il n’est pas au pouvoir d’une femme de porter sans dommage une tunique de soleil ! Ni l’homme ni l’ange n’en sont capables, il y faut une tout autre puissance. L’Esprit-Saint, dit l’ange, surviendra en toi. Et, comme si Marie lui avait répondu : " L’Esprit-Saint est Dieu, et notre Dieu est un feu dévorant, " l’ange poursuit : La Force, non pas la mienne, ni la tienne, mais celle du Très-Haut te couvrira de son ombre. Sous la protection de cette ombre ne nous étonnons plus qu’une femme puisse supporter un vêtement de feu. »

 

 

Saint Bernard de Clairvaux
 

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