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21 avril 2005
           

 

« On l’appelle le Pape, c’est-à-dire le père, père par excellence au surnaturel, père des pères, étant à la tête de ceux qui nous engendrent à la foi par l’enseignement, à la vie chrétienne par le baptême; à la tête de ceux qui nous gouvernent d’un gouvernement qui doit être tout paternel, puisqu’il applique la loi d’amour et que saint Paul en a exprimé l’effort dans ce cri: "La charité du Christ nous presse: Caritas Christi urget nos".

On l’appelle Vicaire du Christ, et nous en avons dit la raison: c’est un Christ continué par délégation; un procurateur en mission terrestre.

On l’appelle Saint-Père ou Très Saint-Père, moins par allusion filiale à une sainteté personnelle qu’on suppose pieusement, que pour évoquer la sainteté de son rôle, la sainteté de la doctrine et des lois qu’il promulgue, la sainteté du Christ qu’il représente et de l’Esprit dont il est l’instrument.

On l’appelle Souverain Pontife et Evêque des évêques, pour marquer l’ordre hiérarchique aboutissant à l’unité en l’unique pasteur de l’unique troupeau évangélique.

Lui-même s’appelle, dans ses lettres apostoliques, Serviteur des serviteurs de Dieu, se souvenant de la formule du Maître définissant l’autorité sous le régime chrétien: "Que celui de vous qui est en tête soit le serviteur de tous. ". Et en même temps que l’esprit de l’autorité, cette humble appellation solennelle en souligne le but. On nous pousse au service de Dieu, pensant ainsi et ainsi seulement être à notre service. »

 

A.-D. Sertillanges, O.P.

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