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19 avril 2005
           

           

 « Pais mes agneaux, a dit encore le Sauveur en partant : pais mes brebis » (Jean.XXI, 15-17). Sur quoi saint Ambroise écrit : « D’abord les agneaux, puis les brebis sont commis à sa garde ; car il est constitué non seulement pasteur, mais pasteur des pasteurs. Il fait paître les agneaux, il fait paître les brebis; il fait paître les fils, et il fait paître aussi les mères (c’est à dire les églises), il régit et les sujets et les prélats ». (Expos. in Luc. X, 175.)

Dans ces paroles d’institution, tout porte. Jésus dit: Pais mes brebis, pais mes agneaux, c’est-­à-dire: je ne les aliène pas, ni davantage le pouvoir que j’ai sur eux; mais ce pouvoir, je le communique, pour qu’il soit exercé en mon nom. Tu seras pasteur, Pierre, avec moi et en moi, tu seras un seul pasteur avec moi.

De plus, Jésus ne dit pas: Pais mon troupeau, comme parlant collectivement; mais mes agneaux, mes brebis, désignant le tout par la partie, comme s’il voulait nommer chacun et chacun, confier à la garde de Pierre non seulement l’ensemble des fidèles, mais chaque fidèle, non seulement l’ensemble des églises, mais chaque église. Ceci pour dire que le pouvoir de Pierre et de ses successeurs à l’égard des églises et des fidèles est immédiat, c’est-à-dire qu’il peut donner des ordres à chacun et à tous, individus et groupes, fidèles, pasteurs, églises particulières ou Eglise universelle.

A l’ordinaire, en dehors des causes majeures, que le Pape se réserve, ce pouvoir universel s’exerce par échelons: ainsi le veut la sagesse; mais il n’y a là aucune nécessité de juridiction; l’autorité, dans l’Église, étant une et le Pape en ayant la plénitude, il peut, au besoin, suffire à tout, et il dépend de lui de savoir selon quelles formes et dans quelle mesure il lui convient de communiquer ou de se réserver ses rôles. Le Pape est avec cela juge suprême, faute de quoi son gouvernement serait privé d’efficacité.

 Et son jugement est sans appel. »

A.-D. Sertillanges, O.P.

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