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15 avril 2005
« Le Sauveur lui-même est le centre non seulement de l’Eglise visible et hiérarchique; mais de tous les hommes vivants, morts ou à naître; de la nature même et de l’univers total avec toutes ses destinées pour autant qu’il est engagé dans le plan humain. Le Pape n’a pas un tel pouvoir. Il est chef de mission, simplement, et la mission s exerce dans le présent, dans le visible. Mais à cet égard, son pouvoir est plénier, parce qu’il n’est pas autre que celui du Christ même. Le Pape n’est pas un pouvoir intermédiaire entre le Christ et l’épiscopat. Il est le Christ lui-même régissant l’épiscopat de l’Église par vicaire. Il est de l’essence d’un vicariat de ne constituer aucun degré hiérarchique nouveau; de laisser l’identité subsister, par communication, entre le chef représenté et son mandataire. Un ambassadeur, dans les limites de ses pouvoirs, n’est pas une autorité placée au-dessous de son prince: il exerce l’autorité du prince même. Ainsi le Pape exercera dans l’Église l’autorité du Christ; il gouvernera au nom du Christ, ne formant avec lui, comme vicaire, qu’un seul et unique pouvoir, et jouant le rôle de fondement, à l’égard de l’édifice spirituel, conjointement avec Celui qui s’est appelé la pierre d’angle. »
A.-D. Sertillanges, O.P. |