La Pensée du Jour

 

Mardi 28 janvier 2003

Saint Pierre Nolasque.

 

Il faut donc, comme l'enseigne saint Benoît, fuir absolument l'oubli, lequel est la cause première de tous nos dérèglements : nous oublions que nous sommes des créatures, éphémères, impuissantes, totalement dépendantes. Nous oublions le Créateur auquel nous devons tout, nous ne pensons ni à le louer, ni à le remercier, ni à le mieux connaître, ni à l'aimer vraiment; alors que, cependant, nous sommes essentiellement ordonnés à lui, et que nous ne pouvons trouver notre repos qu'en lui. Nous oublions les exigences de sa justice et de son Amour, les terribles châtiments qui attendent les pécheurs à leur sortie de ce monde, les récompenses inimaginables, au contraire, qu'il réserve à ses serviteurs, dans sa Cité à lui. Nous oublions que nous sommes poussière et que nous retournerons en poussière, que notre vie est courte, fragile; que la trame peut en être coupée à tout instant : rien n'est plus certain que la mort, rien n'est plus incertain que son heure. Nous oublions que Dieu nous voit partout, que nous ne sommes jamais hors de sa présence ni de celle de ses Anges. Et nous agissons cependant bien souvent comme si nous étions seuls, sans aucun témoin. Nous oublions que le démon rôde sans cesse autour de nous,  quaerens quem devoret [cherchant qui dévorer], et ne cesse de nous tendre des pièges. Nous oublions enfin toutes nos fautes, nos erreurs, nos désordres personnels, et nous osons juger la conduite de notre prochain avec une sévérité implacable.


                              Dom Jean de Monléon O.S.B.
                              Les XII degrés de l'humilité,
                              Commentaire ascétique sur le chapitre VIIe  de la Règle de Saint Benoît.