La Pensée du Jour
lundi 28 janvier 2002" Il aimait à redire fréquemment cet adage qui mérite d'être retenu : "Les Apôtres ne combattent qu'en souffrant et ne triomphent qu'en mourant ; et l'on a peine à croire avec quelle ardeur et quelle persévérance il soutint la cause de Jésus-Christ parmi ses chères populations du Chablais.
Pour leur porter les lumières de la foi et les consolations de l'espérance chrétienne, notre saint allait par le fond des vallées et se glissait en rampant à travers les gorges étroites. Si les âmes fuient, il se met à leur poursuite, les appelant à grands cris ; brutalement repoussé, il ne se décourage point ; assailli de menaces, il se remet à l'œuvre ; expulsé plus d'une fois des hôtelleries, il passe des nuits en plein air dans le froid et la neige ; il célèbre la Messe même si tout assistant fait défaut ; ses auditeurs se retirant presque tous, il continue de prêcher ; toujours il conserve une parfaite égalité d'âme, et il témoigne aux ingrats une charité souverainement aimable qui finit par triompher de ses adversaires, si obstinée que puisse être leur résistance.
D'aucun penseront peut-être que François de Sales a hérité en naissant de ces qualités morales, et qu'il est une de ces natures spécialement privilégiées que la grâce de Dieu a prévenue du don de la douceur : erreur profonde ! Au contraire, il était, de par son tempérament physique même, d’un naturel difficile, et enclin à la colère ; mais, s'étant fixe pour modèle le Christ Jésus qui a dit : Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, il surveilla constamment les mouvements de son âme et, en se faisant violence, réussit si bien à les comprimer et à les dompter, que nul n’a rappelé mieux que lui, en toute sa personne, le Dieu de paix et de mansuétude. "
PIE XI,
Lettre Encyclique à l'occasion du troisième centenaire de la mort de saint François de Sales.