
Jeudi
26 septembre 2002, Saint Cyprien.
"Redimentes
tempus, quoniam dies mali sunt (Eph., VI, 16.) : Rachetez le temps,
parce que les jours sont mauvais," c'est-à-dire malins et
malicieux. Il ne paraît pas qu'une année s'écoule, parce qu'elle
semble ressusciter dans la suivante. Ainsi l'on ne remarque pas que le
temps passe, parce que, quoiqu'il varie éternellement, il montre
presque toujours le même visage.
Voilà le grand
malheur, voilà le grand obstacle à la pénitence. Si loin que nous
puissions porter notre vue, nous voyons toujours du temps devant nous.
Il est vrai, il est devant nous, mais peut-être que nous ne pourrons
pas y atteindre. Pensez donc enfin à la pénitence que vous différez
depuis si longtemps, et ne recevez pas en vain la grâce de Dieu.
La science des temps
est l'un des secrets que le Père a mis en sa puissance Act., 1,7.
La science des temps, et surtout la science du dernier moment, est l'un
des mystères secrets que Dieu veut tenir cachés à ses fidèles :
c'est par une volonté déterminée qu'il "cache le dernier jour,
afin que nous observions tous les jours : Latet ultimus dies, ut
obseventur omnes dies (S. Aug., Serm., XXXIX, n. 1 : P.L., 38, 211.)"
Bossuet,
Sermon
sur la Pénitence : Carême des Carmélites, 6 mars 1661.
|