
Jeudi
26 septembre 2002, Saint Cyprien.
"Tu aimeras
le Seigneur ton Dieu, ce Dieu, ce Seigneur unique, de tout ton cœur,
de toute ton âme, de toute ta force. Uniquement, comme il est
unique ; parfaitement, comme il est parfait ; en consacrant à ce
premier être, principe moteur de tout, ce qui est aussi le principe et
le moteur en toi-même de toutes tes affections.
Je
le veux, Seigneur ; et si je le veux, je le fais. Car le vouloir, c'est
le faire ; le vouloir imparfaitement, c'est le faire imparfaitement ; le
vouloir parfaitement, c'est le vouloir dans la perfection que vous
voulez.
Rien
n'est plus facile, rien n'est plus présent à la volonté que le
vouloir : Ce précepte n'est pas au-dessus de moi, ni loin de moi ;
il ne faut point monter au ciel ni passer les mers pour le trouver. Mais
la parole est fort proche de toi, dit le Seigneur : dans ta bouche et
dans ton cœur pour l'accomplir (Deut. XXX, 11-14.) Dans ta bouche,
c'est encore trop loin car pour cela il faut parler, et la bouche et le
cœur sont deux mais dans le cœur le cœur te suffit.
Rien
n'est plus proche du cœur que le cœur même ; et ce précepte d'aimer,
qui est le précepte du cœur, est vraiment fort proche de nous. Si je
veux donner l'aumône et exercer les œuvres de miséricorde, il faut
sortir. Si je veux me réconcilier avec mon frère et réchauffer en lui
la charité éteinte, il faut le chercher. Si je veux chanter les
psaumes, il faut du moins ouvrir la bouche. Mais pour aimer, que faut-il
faire, sinon aimer ? Ô Dieu ! que ce précepte est près de moi !
Fais-le
donc ; accomplis-le dans ce moment, ô cœur humain !
Il
est vrai que pour l'accomplir j'ai besoin de vous, ô Dieu vivant, qui
êtes le seul moteur des cœurs, qui seul y inspirez votre saint amour.
Mais, ô Dieu ! vous êtes présent, plus présent à moi-même que
moi-même. Ô Dieu ! que ce précepte est encore proche de moi par cet
endroit-là!
Qu'attends-tu
donc, ô mon âme ? Mon âme, bénis le Seigneur, et que tout ce qui
est en moi célèbre son saint nom (Ps. CII, 1.)
Ô
Seigneur, qui êtes ma force, je vous aimerai (Ps. XVII, 2.)
Mais,
ô Seigneur, pourquoi dire : Je vous aimerai ? Disons, dès à présent
: je vous aime!
Bossuet,
Méditations sur l'Evangile, La dernière
Semaine du Sauveur, 43e jour.
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