La Pensée du Jour

Lundi 2 septembre 2002

Saint Etienne de Hongrie

 

"Triomphalisme ! Nous exécrons ce slogan abject et imbécile, et nous accusons ceux qui, en 1963, ont sali la langue française de ce sauvage barbarisme, nous les accusons d'impiété, nous les accusons de mépris des pauvres, nous les accusons de forgerie, nous les accusons d'imposture. D'impiété, parce que, toute impuissante que soit leur rage, ils s'efforcent de jeter le blâme et la dérision sur des pratiques où des milliers d'âmes saintes ont puisé pendant des siècles leur consolation et leur courage ; de mépris des pauvres, parce que ces prétendus "théologiens" de cercles et de clubs privent les pauvres des beautés religieuses romaines, qui surpassent toutes les autres, d'où dérivent toutes les autres, et les condamnent à une religion laide, terne, morose, triviale, mesquine ; de forgerie, parce qu'ils mentent en affirmant que l' "homme moderne" - comme si eux seuls vivaient au vingtième siècle ! - ne supporte plus ce qu'il leur plait d'appeler "les fastes de la Renaissance" ; d'imposture enfin, parce que ce clan, pour imposer sa forgerie, se prévaut du "pur évangile" pour employer les moyens de force les moins évangéliques, l'intimidation, l'intoxication, la politique, l'argent, et jusqu'à la complicité des ennemis avérés du nom chrétien.
Pour comble de tartuferie, ce sont les mêmes qui convient les chrétiens à "construire le monde" ! Mais qu'ont donc fait les chrétiens depuis toujours, là où l'Église était libre, et dans la mesure où elle l'était, c'est-à-dire à Rome encore, d'abord à Rome, et, de Rome, partout ? Ce n'était pas construire le monde, que de construire Saint-Pierre? Ce n'était pas construire le monde, que de composer le répertoire grégorien ? Ce n'était pas construire le monde, que d'y établir pendant mille ans, avec le principat temporel des Pontifes romains, autant que le permet l'humaine fragilité, un modèle du gouvernement chrétien des peuples ? Ce n'était pas construire le monde que de préserver l'Europe chrétienne, seul point du globe d'où pût s'élancer la civilisation, de la barbarie sarrasine à Poitiers, de la barbarie turque à Lépante ? Ce n'était pas construire le monde, que d'envoyer partout des missionnaires, porteurs indivisiblement du christianisme et du seul véritable "humanisme", puisque, comme dit Pascal, "il n'y a d'homme que le Chrétien" ?
[…/…] ; finissons en changeant - avec respect - quelques mots aux vers de Corneille : […/…]"Je rends grâces à Dieu d'être un cœur tout romain" "Pour conserver encor quelque chose d'humain."

                                          Abbé V.-A. Berto,

                                          Pour la Sainte Eglise Romaine.