La Pensée du Jour
samedi 2 février 2002Fête de la Purification de la Très Sainte Vierge.
" Voilà donc réellement, dit un auteur, la Vierge qui souffrit toutes les souffrances du monde et tressaillit d’un émoi divin. Voilà, par excellence, Celle qui pleure. Ou encore Notre-Dame des Sept-Douleurs, comme le dit avec émotion la piété chrétienne, voulant symboliser par ce chiffre sept qui est celui de la plénitude, la pleine mesure du mystère de la Compassion. […/…] Ce martyre de la Vierge, dit avec précision saint Bernard, nous est révélé tant par la prophétie de Siméon que par l’histoire même de la Passion du Seigneur. […/…]
La Compassion de la très sainte Vierge est faite d’abord d’un pressentiment aigu et douloureux, qui la touche au vif et, vraisemblablement, ne la quitte plus. Une de ces blessures au cœur qui ne se cicatrisent jamais. Elle ne pourra plus s’arracher à cette pensée, pénétrante et déchirante comme la pointe d’un glaive, que son Fils est menacé de tous côtés et qu’il aura tout à endurer de la part même de ceux qu’il vient sauver. Par la voie des prophéties et des figures cette idée s’était déjà insinuée en Marie : lui venant ainsi comme du fond des âges elle lui faisait deviner la séculaire misère humaine et lui remplissait l’âme de miséricorde. Mais par la prophétie de Siméon, tout se renouvelle et va directement s’appliquer dans la suite même des événements. Massacre des Innocents, fuite en Égypte, recouvrement au Temple, vie cachée, tout concourt, tout succède terriblement. "
P.R. Bernard, O.P.