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La Pensée du Jour mardi 15 janvier 2002" Encore que la génération éternelle par laquelle le Fils procède du Père surpasse infiniment les intelligences de toutes les créatures mortelles, et même de tous les esprits bienheureux, toutefois ne laissons pas de porter nos vues dans le sein du Père éternel, pour y contempler le mystère de cette génération ineffable. La première chose que je remarque, dans la génération du Verbe éternel, c'est que le Père l'engendre en lui-même, contre l'ordinaire des autres pères, qui engendrent nécessairement au dehors. Voyons d'où il a été engendré. C'est une loi nécessaire et inviolable, que tout fils doit recevoir en lui-même quelque partie de la substance du père et c'est pourquoi, quand nous parlons d'un fils à un père, nous disons que c'est un autre lui-même. Si donc mon Sauveur est le Fils de Dieu, qui ne voit qu'il doit être formé de la propre substance de Dieu? Mais ne concevons rien ici de mortel ; éloignons de notre esprit et de nos pensées tout ce qui ressent la matière. Ne croyons pas que le Fils de Dieu ait reçu seulement en lui-même quelque partie de la substance du Père ; car, puisqu'il est essentiel à Dieu d'être simple et indivisible, sa substance ne souffre point de partage. Et par conséquent, si le Verbe, en cette belle qualité de Fils, doit participer nécessairement à la substance de Dieu son Père, il la reçoit sans division : elle lui est communiquée tout entière. Et le Père, qui le produit du fond même de son essence, la répand sur lui sans réserve. C'est ce que nous apprenons par les Ecritures : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu. C'est-à-dire : dès que le Verbe a été, il était en Dieu. Il a donc été produit en Dieu même. C'est pourquoi il procède de Dieu comme son Verbe, comme sa conception, comme sa pensée, comme la parole intérieure par laquelle il s'entretient en lui-même de ses perfections infinies. Il ne peut donc pas être séparé de lui. Méditez cette admirable doctrine. Tout ce qui engendre est vivant. Engendrer, c'est une fonction de vie. Et la vie de Dieu, c'est l'intelligence. Donc il engendre par intelligence. Or l'entendement n'agit qu'en lui-même: il ne se répand point au dehors. Ainsi cette essence infinie, souverainement immatérielle, qui ne vit que de raison et d'intelligence, ne souffre pas que rien soit engendré en elle, si ce n'est par la voie de l'intelligence. Et par conséquent le Verbe éternel, la sagesse et la pensée de son Père, étant produit par intelligence, naît et demeure dans son principe : Hoc erat in principio apud Deum ( st Jean, I,1.) C'est ce que le grave Tertullien nous explique admirablement dans cet excellent Apologétique. Cette parole, dit ce grand homme, nous disons que Dieu la profère, et l'engendre en la proférant. Car c'est une parole substantielle, qui porte en elle-même toute la vertu, toute l'énergie, toute la substance du principe qui la produit. Et c'est pourquoi, dit Tertullien, nous l'appelons Fils de Dieu, à cause de l'unité de substance. Après, il compare le Fils de Dieu au rayon que la lumière produit, sans rien diminuer de son être, sans rien perdre de son éclat. Et il conclut qu'il est sorti de la tige, mais qu'il ne s'en est pas retiré : Non recessit, sed excessit. O Dieu ! mon esprit se confond. Je me perds ; Je m'abîme dans cet océan.
Bossuet,
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