La Pensée du Jour

Mardi 10 septembre 2002, Saint Nicolas de Tolentino.

"Je vous recommande l'affabilité, que vous savez qui se pratique avec ceux à qui on parle ; se rendre joyeuse avec ceux qui le sont, pleine de compassion avec les affligés, s'accommodant à la façon des autres, à leurs humeurs, faire comme saint Paul : se rendre tout à tous pour les gagner tous " (I Cor. IX, 19-22).

Toutes les fois que vous trouverez votre cœur hors de la douceur, ne faites que le prendre avec le bout du doigt, et non à plein poing, comme l'on dit, ni brusquement. Ne dites jamais de paroles sèches ni de correction.

Tachez d'acquérir la sainte tranquillité extérieure et intérieure en toutes vos actions et vous formez selon cela ; et quand on ne sait plus que faire à son esprit, qui est piqué et troublé, il se faut divertir. Si cela ne fait rien, il faut pourtant toujours essayer, afin que la négligence ne nous fasse accroire que le divertissement n'y fait rien ; alors il faut avoir patience avec soi-même. Il faut quelquefois flatter son cœur et le servir en ses maladies et l'encourager; et quand il est bien piqué, il le faut prendre comme un cheval de bride et le mettre fermement en soi-même, sans le laisser courir après ses sentiments et passions. Presque toujours la douceur a cet effet.

Dites souvent : " Bienheureux sont les doux, car le royaume des cieux est à eux. " (Mt V, 4) Et avec le Psalmiste : Goûtez et voyez combien le Seigneur est doux (Ps XXXIII, 9). Dites aussi souvent le verset Virgo singularis (Hymne Ave maris Stella), et priez Notre Dame qu'elle visite votre cœur et le parfume de sa bonté et douceur."

                              Saint François de Sales,

                              Opuscule sur les vertus.