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Fête du Sacré-Cœur de Jésus
"En ce Cœur est l'abrégé
de toutes les merveilles du christianisme. Mystères de charité dont
l'origine est au Cœur ; un Cœur, s'il se peut dire, tout pétri d'amour :
toutes les palpitations, tous les battements de ce Cœur, c'est la
charité qui les produit. Voulez-vous voir saint Jean vous montrer tous
les secrets de ce Cœur ? Il remonte jusqu'au principe, in Principio.
C'est pour venir à ce terme : et habitavit, il a habité parmi nous (Jean
1,14). Qui l'a fait habiter avec nous ? L'amour. C'est ainsi que Dieu a
aimé le monde, sic Deus dilexit mundum. C'est donc l'amour qui l'a fait
descendre pour se revêtir de la nature humaine. Mais quel Cœur aura-t-il
donné à cette nature humaine, sinon un Cœur tout pétri d'amour ? C'est
Dieu qui fait tous les Cœurs, ainsi qu'il lui plaît. Le Cœur du Roi est
dans sa main, comme celui de tous les autres, Cor regis in manu Dei est
(Prov. 21,1) ; regis, du Roi Sauveur. Quel autre Cœur a été plus dans la
main de Dieu ? c'était le Cœur d'un Dieu, qu'il réglait de près, dont il
conduisait tous les mouvements ; Qu'aura donc fait le Verbe divin, en se
faisant homme, sinon de se former un Cœur sur lequel il imprimât cette
charité infinie qui l'obligeait à venir au monde ? Donnez-moi tout ce
qu'il y a de tendre, tout ce qu'il y a de doux et d'humain ; il faut
faire un Sauveur qui ne puisse souffrir les misères sans être saisi de
douleurs, qui, voyant les brebis perdues, ne puisse supporter leur
égarement. Il lui faut un amour qui le fasse courir au péril de sa vie,
qui lui fasse baisser les épaules pour charger dessus sa brebis perdue,
qui lui fasse crier : Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, si quis
sitit, veniat ad me (Jean 7,37) ; venez à moi, vous tous qui êtes
fatigués, venite ad me omnes qui laboratis (Mat. 11,28) ; venez
pécheurs, c'est vous que je cherche. Enfin il lui faut un Cœur qui lui
fasse dire : je donne ma vie, parce que je le veux, ego pono eam a
meipso (Jean 10,17). C'est moi qui ai un Cœur amoureux, qui dévoue mon
corps et mon âme à toutes sortes de tourments. Voilà, mes frères, quel
est le Cœur de Jésus, voilà quel est le mystère du christianisme. C'est
pourquoi l'abrégé de la foi est renfermé dans ces paroles : Nous avons
cru à l'amour que Dieu a pour nous, nos credidimus caritati quam habet
Deus in nobis, mais si nous y croyons, il faut l'imiter. Ce Cœur de
Jésus embrasse tous les fidèles ; c'est là où nous sommes tous réunis
"pour être consommés dans l'unité" (Jean 17,23). C'est le Cœur qui
parlait, lorsqu'il disait : "Père, je veux que là où je suis, mes
disciples soient aussi avec moi" (17,24). Il ne distrait personne, il
appelle tous ses enfants, et nous devons nous aimer "dans les entrailles
de la charité de ce divin Sauveur, in visceribus Jesu Christi" (Philip.
1,8). Ayons donc un Cœur de Jésus-Christ, un Cœur étendu, qui n'exclue
personne de son amour. C'est de cet amour réciproque qu'il se formera
une chaîne de charité qui s'étendra du Cœur de Jésus dans tous les
autres, pour les lier et les unir inviolablement ; ne la rompons pas ;
ne refusons à aucun de nos frères d'entrer dans cette sainte union de la
charité en Jésus-Christ. Il y a place pour tout le monde. Usons sans
crainte des biens qu'elle nous procure, nous ne les perdrons pas en les
communiquant aux autres, mais nous les possédons d'autant plus sûrement
; ils se multiplient pour nous avec d'autant plus d'abondance que nous
désirons plus généreusement les partager avec nos frères. Aimons donc
dans le Cœur de Jésus. "Dieu est charité, et qui persévère dans la
charité demeure en Dieu et Dieu en lui" (1 Jean 4,16). Fêtes Mobiles accueil Retour à la page des liens internes |